Pays de Galles, “Gwlad Y Gân” (“Le pays de la chanson”)

Le Pays de Galles est vu comme un pays où la musique occupe une place importante, que ce soit dans des chœurs ou dans des stades. D’où vient cette tradition ?

Supporters Gallois chantant
Supporters Gallois chantant
© Jeff Morgan 06/Almy

Dylan Thomas, poète gallois, disait : « Dieu soit loué, nous sommes une nation mélomane ». Dans l’hymne national gallois, Hen Wlad fy nhadau (Le vieux pays de mes pères), on retrouve ces termes : « Gwlad beirdd a chan torion » qui signifie « Terre de poètes et de chanteurs ». Chanter semble donc être naturel au Pays de Galles. On chante à l’école, dans des fêtes, à l’église... Selon le professeur Williams, chanter est une part de l’identité galloise. De nombreux festivals, concerts et événements en lien avec la chanson ont lieu chaque année dans ce pays.

Musique traditionnelle

Par le passé, l’instruction de la musique et de la poésie se faisait à l’oral. John Curwen (1816-1886) a inventé le Tonic Sol Fa qui associe un signe de la main à une note, ce qui permet d’apprendre la musique plus facilement. Un manuscrit gallois datant du XVIIe siècle contient 90 pages sur la musique. L’instrument traditionnel le plus célèbre est la harpe (Telyn en gallois). Elle est utilisée dès le VIe. À l’origine, le harpiste avait un statut bien défini dans la hiérarchie sociale, où il avait une place importante. Il y avait une hiérarchie dans les arts avec des grades variés de poètes et de musiciens. La poésie et la musique sont très liées. La tradition bardique date du XIIe siècle. Ce sont les bardes qui ont mis à l’honneur la harpe. La chanson David of the White Roch, raconte l’histoire d’un barde qui, sur son lit de mort, pense à sa harpe et à sa mélodie. Le crwth, autre instrument traditionnel, est une lyre datant du Xe-XIe siècle. Le pibgorn est une flûte avec deux morceaux de cornes de taureau. Cet instrument aurait été inventé vers le Xe siècle, mais la première mention écrite date du XIIIe siècle. La musique traditionnelle galloise a subi beaucoup de persécutions politiques et religieuses.

Pibgorn
Pibgorn

Arlog est l’un des premiers groupes à s’être intéressé à la musique traditionnelle galloise dans les années 1970. Cet intérêt pour la culture traditionnelle perdure. Il y a beaucoup de festivals sur la musique. Le festival le plus important est l’Eisteddfod qui réunit littérature, théâtre, poésie, musique... avec des concours. Les chœurs gallois y sont aussi représentés.

Les chœurs gallois

Le chœur gallois est un phénomène représentatif du Pays de Galles. C’est une tradition essentiellement masculine même s’il existe des chorales mixtes. En 2008, il y avait 150 chorales (de 20 à plus de 100 membres) comme Only Boys aloud, Victorian Welsh male choir... Elles sont regroupées dans le World Choir qui est une association internationale présente dans l’ensemble des pays anglophones. Au final, 6000 à 7000 hommes chantent dans ces chœurs. Grâce à la diaspora galloise, des chorales sont présentes aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, en Écosse... Cette tradition est liée au monde des mineurs.

On dit que les chœurs ont été créés par les curés des villages des vallées minières. Au XVIIIe siècle, la création de chapelles, de nouvelles communautés et surtout celle des mineurs, a entraîné un regain de la chanson galloise (particulièrement dans le sud du pays). Les hommes chantant deviennent populaires, popularité qui est toujours actuelle. Selon Mike Williams, chanter dans les chorales était une opportunité de s’évader du travail et du danger des mines. Les chœurs d’hommes (Côr meibion) ont été crées au XIXe siècle. Ils ont tout d’abord un fort lien avec la religion. On peut les entendre à Noël, à Pâques... L’Eisteddfod a permit ensuite d’agrandir le nombre de chœurs et d’avoir une place importante dans la culture galloise. Dans la deuxième moitié du siècle, les instruments font leur apparition dans ces chorales (comme l’orgue, l’harmonium). Au XXe siècle, les chorales sont de plus en plus laïques.

Chœur gallois
Chœur gallois
© Ouest-France

Aujourd’hui, pour certains concours et pour de grandes occasions, il peut y avoir jusqu’à 500 hommes. Leur répertoire est varié. On y retrouve des cantiques, des œuvres classiques, des chansons traditionnelles, des chants en gallois ou en anglais, des airs qu’ils ont appris dans leur enfance et qu’ils chantaient à l’église ou dans les chapelles. La plupart des airs ont été écrits au XIXe par des fermiers et des ouvriers. On peut y trouver des descendants de mineurs. Welsh Association of Male Choirs est une association créée en 1962 par un groupe de 26 chorales. L’objectif est de réunir tous les chœurs d’hommes. Il y a donc une coopération entre chorales. Plusieurs voyages ont été organisés dans le Monde à partir de 2002 (Afrique du Sud, Australie, Pologne...).

Les Gallois sont ainsi souvent regardés comme une nation musicale. Ils aiment la musique. Avant le XVIIIe et le XIXe siècles, il n’y avait ni chorale ni opéra. À partir du XIXe siècle, les chœurs deviennent populaires. Ross Clarke écrit dans son article « Why Wales is known as the ’Land of song’ ? » que les Gallois ont deux grandes passions, le rugby et la chanson. Dans les stades, à chaque pause, des chorales chantent des hymnes traditionnels comme Calon Lân (Cœur Pur) qui est à l’origine un cantique. On peut entendre ces airs dans des mariages ou dans des funérailles.

Bibliographie

- The Voice of Wales, Griffith Wyn

- La musique celtique, Convenant Didier

- Musique galloise : les chœurs d’hommes, Corine Ledanois, https://blog.alainntours.fr/choeurs-d-hommes-tradition-et-culture-du-pays-de-galles.html

- Les choeurs gallois, https://www.terresceltes.net/pays-de-galles/les-choeurs-gallois

-  Why Wales is known as the “Land of Song”, Ross Clarke http://www.bbc.com/travel/story/20180930-why-wales-is-known-as-the-land-of-song

Artwork: Groupe de musique gallois

© Polly Thomas/Alamy

Published  4 April 2019
Updated  4 April 2019


Contributor
  • Enora
    Diplômée d’une licence en Lettres Modernes, je suis actuellement en master LCCC. Je suis intéressée par la culture celtique notamment la musique et la (...)