Légendes et mythes irlandais : frissons garantis !

L’Irlande est mondialement connue comme étant une terre riche en folklore. Les légendes y sont de ce fait si nombreuses qu’il serait impossible de les lister ici brièvement.
On peut cependant constater que les thèmes récurrents dans ces mythes ayant traversé les âges ne sont autre que ceux du paranormal, de l’étrange et du mystérieux… soit des sujets aussi intemporels que les légendes qu’ils ont créées et qui ne cessent de fasciner encore aujourd’hui !
Voici donc trois légendes irlandaises connues par la population locale, qui sans aucun doute piqueront votre intérêt, ou tout du moins ne vous laisseront pas de marbre.

Abhartach, le vampire irlandais assoiffé du sang de ses sujets


Il y a des années de cela vivait dans les contrées à l’Est de Foyle, entre Dungiven et Garvagh, un chef de tribu du nom d’Abhartach. Son nom sous-entend qu’il était très petit, mais ce n’est pas pour cette raison qu’il était détesté de ses sujets. Ce petit homme était malfaisant et mauvais, un sorcier, qui était craint de son propre clan et de ceux environnants son royaume.
Abhartach était également un homme jaloux, c’est pourquoi lorsqu’il suspecta sa femme d’avoir une affaire, il décida de l’espionner dans le but de la prendre sur le fait. Un soir, il escalada sa fenêtre et la malchance voulu qu’il glissa. La chute lui fut mortelle et son corps découvert tôt le lendemain matin par les villageois provoqua un élan de joie incomparable. On l’enterra hâtivement.
Il est aisé d’imaginer le choc du lendemain, lorsqu’Abhartach passa l’enceinte du village pour demander des bols contenant le sang frais de son peuple. Terrifiés, tous les membres du clan obéirent et se coupèrent les poignets. A la suite de la visite de leur ancien chef désormais immortel, les villageois contactèrent Cathán (un chef voisin), le suppliant de venir les délivrer du mal. Cathán accepta de leur venir en aide et parvint à occire le vampire. Seulement, Abhartach revint à nouveau le lendemain, intact, demandant à son peuple de remplir son bol de sang. Cathán s’y prit à plusieurs reprises, mais rien n’y fit. Abhartach revenait toujours, plus assoiffé de sang frais chaque jour.
On fit alors appel à un saint local, Eoghan, qui conseilla Cathán et lui apprit qu’Abhartach ne pouvait être tué étant donné qu’il était déjà décédé. La seule solution pour l’arrêter était de percer sa tête avec une épée faite de bois d’if, puis de l’enterrer à l’envers sous terre et de le recouvrir de branches de frêne et d’épines. Une fois cela fait, il faudrait placer une dalle en pierre sur la tombe, assez lourde pour qu’Abhartach ne puisse jamais la soulever et réclamer son petit-déjeuner d’hémoglobine.
Cathán parvint à mettre le nain malfaisant sous terre définitivement, mais encore aujourd’hui, les populations locales se méfient de ce site et on raconte que de nombreuses personnes y ont eu des expériences désagréables…

La Banshee, annonciatrice de la (ou de votre) mort


Les histoires tournant autour de la Banshee ont traversé les générations, et ce depuis des siècles. Certains disent qu’elle est le fantôme d’une jeune femme qui fut brutalement assassinée et dont la mort était si terrible qu’elle veille désormais sur les familles de ses êtres chers, pour les prévenir d’une mort imminente en criant. Selon la légende, elle peut revêtir différentes formes et apparences. En voici quelques-unes :

  • Une vieille femme aux cheveux gris, habillée de noir et couvrant son visage d’un voile,
  • Une femme pâle comme la mort aux longs cheveux rouges et portant une robe blanche, parfois un linceul,
  • Une femme d’une beauté époustouflante, aux cheveux blanc argenté portant une longue robe argentée scintillante. Elle transporte avec elle ou parfois utilise aussi un peigne argenté,
  • Une femme sans tête au buste dénudé et dont les mains tiennent un bol rempli de sang.

L’élément commun à ces descriptions est que les yeux de la Banshee sont le plus souvent rouge, ce qui s’explique par ses pleurs incessants.
La peur qu’elle instille dans les personnes qui ont la malchance d’entendre son cri reste aussi inchangée. La Banshee est en effet célèbre pour son long et mélancolique « keening » (un mot irlandais décrivant les lamentations que les femmes “chantaient” après un décès pour repousser les esprits malveillants) et quiconque en est témoin est condamné à une mort certaine et proche.

Les « Faeries » et « Changelings »


Le peuple des faeries (un peuple enchanté et immortel, mais à l’apparence semblable aux humains ; les fairies n’ont absolument rien en commun avec l’image que l’on se fait habituellement des fées) est toujours traité avec respect en Irlande, mais ce n’est pas pour autant que l’on ne s’en méfie pas. Elles sont ainsi souvent accablées de nombreuses accusations, comme de faire flétrir les cultures ou de faire tourner le lait. L’une des accusations la plus commune concerne cependant l’enlèvement des humains pour les emmener vivre dans le Royaume des Faeries. Ces dernières échangent d’ailleurs l’humain convoité avec une faerie indésirable, qui prend alors le nom de « changeling » (enfant substitué).
Les faeries envient les bébés humains car ils ont tendance à être joyeux, en bonne santé, et robustes. Elles peuvent enlever un enfant pour de diverses raisons. Parfois, le simple fait qu’elles pensent que le petit être n’est pas aimé de ses parents humains est suffisant pour justifier leur acte. Cependant, une faerie n’a pas toujours besoin de ce type de raisonnement, et peut dérober un enfant par malice ou pures méchanceté et malveillance, particulièrement si un membre de la famille ciblée a manqué de respect au Royaume des Faeries. La motivation et le mobile derrière les actions d’une faerie ne peuvent jamais être connus avec certitude, d’où la méfiance qu’en ont les humains.
Très occasionnellement, il arrive que certaines personnes décident volontairement de quitter l’univers des humains pour rejoindre celui des faeries. Ils peuvent y rester très longtemps mais en général, ils finissent toujours par revenir au monde des mortels. Néanmoins, ces personnes n’en reviennent pas inchangées et possèdent souvent un don et peuvent être considérées comme des savants en matières d’herbologie et de magie.

D’autres personnages dont vous ne souhaiteriez pas croiser le chemin !

Si les trois créatures précédentes ont éveillé en vous un quelconque intérêt pour les légendes les plus macabres du répertoire irlandais, n’hésitez pas à consulter la vidéo suivante, qui couvrira d’autres monstres et entités :

Published  27 March 2018
Updated  17 April 2018


Contributor
  • KOEHLER Victorine
    Victorine Koehler est étudiante en première année de Master en Langues et Cultures Celtiques en Contact (LCCC) à l’Université Occidentale de Bretagne (...)