Le Centre de Recherche Bretonne et Celtique et les Archives Départementales du Finistère : un stage dans deux structures partenaires

Le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) ainsi que les Archives Départementales du Finistère m’ont accueillie pour un stage au mois de mai 2019. Ce sont deux structures qui travaillent en partenariat sur la valorisation du fonds Théodore Hersart de La Villemarqué [1].

Le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC)

Le CRBC, fondé en 1969 par Yves Le Gallo est un laboratoire de recherche pluridisciplinaire. Le CRBC fête donc ses 50 ans en 2019. Au CRBC, “Historiens, linguistes, ethnologues, sociologues investissent des thèmes de recherche relevant des aires culturelles bretonnes et celtiques. Mais ils mènent également, à titre comparatif, des recherches individuelles ou collectives sur d’autres terrains, à l’échelle de l’Europe, notamment atlantique, voire au-delà.” L’équipe du CRBC “compte aujourd’hui 45 membres, 53 doctorants, 85 chercheurs associés et 11 personnels administratifs et techniques.”

La bibliothèque du CRBC comporte une salle de lecture ainsi que quelques magasins d’archives et des bureaux. Elle possède 68000 livres, 2340 collections de revues, périodiques, 300 abonnements. Les ouvrages sont classés par format. Par exemple, C pour les rayonnages, M pour les thèses et les mémoires, D pour les formats A4. Le classement se fait par ordre alphabétique, par titre d’ouvrage et par la première lettre du titre d’une revue.
La bibliothèque possède également 3000 cartes géographiques dont certaines très anciennes. Le CRBC comporte également deux salles d’archivage de périodiques. Tout d’abord, une salle de conservation de vieux journaux, de la presse ancienne, des fonds morts comme les périodiques qui ne sont plus publiés par exemple. Puis, il y a une autre salle des fonds vivants ainsi que les journaux morts étrangers.
Les livres et les documents patrimoniaux dont certains sont antérieurs à 1850 sont aussi classés au CRBC.

Le stage au CRBC

Lors de ma semaine de stage au CRBC, j’ai découvert la valorisation de fonds d’archives en apprenant à organiser une correspondance croisée, à transcrire de la correspondance en anglais et à numériser des documents d’archives.
J’ai appris à organiser une correspondance croisée en travaillant sur la correspondance Le Scour [2]-La Villemarqué. J’ai également appris à transcrire de la correspondance en anglais, les lettres de Benjamin Hall [3] et Augusta Hall [4] adressées à La Villemarqué ainsi qu’une partie des lettres du couple Hanbury Leigh adressées également à La Villemarqué. Pour transcrire ces lettres plus facilement, j’ai appris à utiliser Transkribus un logiciel de transcription de lettres qui est expérimental.

Les Archives Départementales du Finistère

Les Archives Départementales du Finistère sont situées à Quimper. Une trentaine d’agents y travaillent.
Le bâtiment date de 1990. Il est actuellement saturé. Les documents classés sont très nombreux et un manque de place se fait ressentir.
Il est divisé en deux parties. Tout d’abord, une partie ouverte au public avec un accueil et une salle de lecture où les lecteurs peuvent consulter certains fonds d’archives. Ensuite, il y a une partie réservée au personnel avec les différents ateliers de restauration, de reliure, la salle de tri, le banc de numérisation, les bureaux et les magasins d’archives.
Le but premier des archives est de communiquer le plus de documents possible au public. Les fonds d’archives les plus anciens datent du XIe siècle et les plus récents datent des années 2000-2010.
Les documents d’archives sont classés par fonds et non par thématique comme ils pourraient l’être dans une bibliothèque. Les documents sont le fruit d’une activité et sont classés en fonction de l’action des gens. On applique aux archives ce que l’on appelle le respect des fonds, c’est à dire qu’on ne doit pas mélanger deux fonds différents même si le même thème y est abordé.

On trouve aux archives deux types de fonds : les archives publiques et les archives privées.
Classer des archives publiques est une compétence obligatoire d’un service d’archives. Il y a une obligation de collectage de ces archives ainsi qu’une obligation de versement (obligation de les donner). On trouve par exemple dans les archives publiques, les archives de notaires, des officiers publics, les états civils, les dénombrements de population, les cadastres napoléoniens des communes du Finistère. Ce sont des plans qui montrent les délimitations de l’ensemble des propriétés du territoire français, ce qui permet aux lecteurs de connaître l’histoire de leur propriétés ou de leur maison s’ils le souhaitent.
On trouve ensuite les archives privées. Ces fonds comportent tout ce qui n’est pas soumis à une obligation de collectage. Il n’y a pas de versement obligatoire. On trouve dans les archives privées les fonds d’associations, de syndicats, de partis politiques, d’architectes qui sont des entrepreneurs privés mais également ceux de scientifiques, d’érudits locaux et de photographes.
Il y a plusieurs procédures afin de faire rentrer les fonds privés aux archives. Cela peut se faire par les dons des particuliers, des héritiers ou des collectionneurs, par achat (budget annuel de 15000 €), par legs avec un testament ou par dépôt qui est similaire à un don mis à part le fait que le dépositaire reste propriétaire de ses documents.

La semaine de stage aux archives

Durant ma semaine de stage aux archives, il était convenu que je découvre la valorisation de fonds d’archives en apprenant à organiser une correspondance croisée ainsi qu’en apprenant à numériser des documents d’archives. J’ai pu allier le travail de numérisation au travail sur la correspondance croisée en numérisant entièrement le manuscrit de Julien Godest [5] (cote 44 J 37), ce qui était mon principal objectif pendant cette semaine de stage, ainsi qu’en commençant à numériser des correspondances choisies de Jean-Pierre-Marie Le Scour (cote 44 J 120).
En plus du travail de numérisation, j’ai découvert la mise en ligne des documents et la valorisation des documents sur le blog des archives. J’ai également pu visiter les archives, me rendre à l’atelier de restauration et de reliure ainsi qu’en magasin pour consulter des documents.

Bilan des deux semaines de stage

Ces deux semaines de stage, au CRBC puis aux Archives Départementales, m’ont permis de découvrir le fonctionnement de deux structures différentes, une bibliothèque et un service d’archives. J’ai découvert les différents métiers en lien avec ces lieux.
Au CRBC, j’ai principalement travaillé à la transcription de lettres.
Aux archives, j’ai pu découvrir la numérisation en apprenant le fonctionnement d’un banc et d’un logiciel de numérisation. J’ai découvert les différentes facettes du métier d’archiviste qui regroupe plusieurs professions comme magasinier, relieur, restaurateur, informaticien, responsable de la numérisation.

Je remercie le CRBC ainsi que les Archives Départementales du Finistère de m’avoir accueillie pendant ces deux semaines de stage.

Footnotes

[11815-1895 : érudit breton, noble de la région de Quimperlé, connu pour avoir collecté des chants populaires bretons qu’il a ensuite rassemblés dans un recueil, le Barzaz Breiz

[2Jean-Pierre-Marie Le Scour (1811-1870) : poète breton contemporain de La Villemarqué

[31802-1867 : ingénieur civil et politicien britannique

[41802-1896 : héritière galloise, patronnesse des Arts du Pays de Galles

[51849-1932 : barde et poète français né en Bretagne

Artwork: Salle de lecture, Archives Départementales du Finistère

Photo : Agathe Le Failler

Published  13 December 2019
Updated  17 February 2020


Contributor
  • Agathe LE FAILLER
    Agathe Le Failler est étudiante en deuxième année de master Langues et Cultures Celtiques en Contact parcours mondes celtiques modernes à (...)